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[Mai-Août 2023] Révolte au Manipur, Inde

August 7th, 2023

On propose ici la traduction de différents articles [certaines partielles] d’un site maoiste ayant fait différentes recensions et synthèses d’articles de presse sur la lutte en cours au Manipur (un état dans le Nord-Est de l’Inde) depuis le début du mois de Mai 2023, avec quelques ajouts d’articles de presse supplémentaires. Le premier article fait une synthèse détaillée du contexte autour de la révolte après plusieurs mois, les suivants sont présentés dans l’ordre chronologique de déroulement des événements.

English Version

India: on the current struggle in Manipur – 2 Juillet, 2023

Le 3 Mai, de nombreux affrontements ont débuté dans l’état du Manipur et ont toujours lieu de nos jours. Ce 2 Juillet, l’ATSUM (All Tribal Students Union of Manipur) a organisé une manifestation contre l’inclusion des Meitei dans la liste des Tribus Répertoriées, ce qui donne légalement le droit aux Meitei d’expulser les paysan.nes de leurs terres.

Actuellement, le nombre de morts est de 138 personnes tuées, et jusqu’à aujourd’hui, il y a eu 60 000 paysan.nes expulsé.es, la plupart dans la région des Collines, du groupe tribal Kuki. Mais la lutte commença avant. En Février, il y a eu l’expulsion de paysan.nes par l’Etat du Manipur dans le district de Churachandpur et, après ça, au mois de Mars il y a eu des manifestations violemment réprimées par la police indienne. Il y a aussi eu une grève générale au mois d’Avril, organisée par l’ITLF (Indigenous Tribal Leaders’ Forum), en même temps que la visite du Premier Ministre de Manipur, N Biren Singh. C’est après cela qu’ont commencé les premières émeutes. Le classe des grands propriétaires et la classe capitaliste bureaucrate veulent expulser les paysan.nes pour continuer la concentration des terres dans leurs mains, et aussi pour la présence de pétrole, de gaz et d’autres minéraux dans la région.

Il y a globalement deux camps dans cette lutte :

D’un côté, le classe capitaliste bureaucrate et les grands propriétaires, intéressés par le vol des terres de la paysannerie. Ils appartiennent à la tribu Meitei et sont majoritairement Hindu. Ils ont les ressources de l’Etat Indien, et ont toujours régné sur l’état du Manipur, peu importe le parti polique. Pour cela, ils sont obligés de massivement déployer la police afin d’expulser les paysan.nes de leurs terres, comme cela arriva le 20 Février dans l’un des événements ayant déclenché les révoltes en cours. Ils résident majoritairement dans les vallées fertiles d’Imphal, la capitale. Les intérêts des classes dominantes sont actuellement représentées par le Parti Bharatiya Janata (BJP) dans le Manipur. En plus des forces répressives étatiques, les classes dominantes ont aussi composé leurs propres milices et groupes de malfrats, qu’ils utilisent comme la première force contre les paysan.nes qu’ils veulent expulser de leurs terres.

D’un autre côté, il y a la paysannerie, qui se défend contre les tentatives d’expulsion et d’aggression de la bourgeoisie et des grands propriétaires. La paysannerie est majoritairement composée de deux groupes tribaux, les Kuki et les Naga, et est majoritairement Chrétienne. Illes vivent principalement dans les collines. Illes disposent de leurs propres organisation unitaires comme ATSUM et ITLF, mais, en même temps, de leurs propres organisations paysannes régionales. En ce qui concernent les Kuki, ils ont récemment souffert de nombreuses attaques par la bourgeoisie et les grands propriétaires Meitei, et par le gouvernement du Manipur : ils ont criminalisé les Kukis, déclarant que ce groupe est composé d’immigrant.es illéga.ux.les du Myanmar, et, qu’à cause de cela, leurs habitations dans beaucoup de leurs terres sont illégales ; ils déclaret aussi que les Kuki n’obéissent pas aux règles de protection de l’environnement car illes vivent dans des forêts protégées et des réserves, et devraient en être expulsé.es ; ils accusent même les Kuki d’être des dealers de drogues ou des “narco-terroristes” à cause du fait que les paysan.nes de la région plantent des coquelicots dans les collines. Toutes ces raisons servent aux classes dominantes à expulser les paysan.nes des terres d’une façon “justifiée” ou légale.

Toutes ces années, l’Etat Indien a fortement défendu les intérêts de la classe capitaliste bureaucrate et des grands propriétaires de la région. L’organisation paramilitaire Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) a multiplié par dix le nombre de ses membres ces dernières années, et il y a d’autres milices de la réaction locale unies sous la tribu Meitei, qui sont financées et protégées.

Quant aux forces de sécurités de l’Etat Indien, il y a des informations comme quoi ils laissent agir ces milces, même lorsqu’ils pillent des magasins d’armes, des commissariats, etc. Il a aussi été dénoncé par des témoins que des membres des Assam Riffles [troupes paramilitaires du Ministère de l’Intérieur] ont activement participé à des attaques contre des paysan.nes.

L’Etat Indien a montré son incapacité à gérer la rébellion des masses paysannes et la resistance au Manipur. Il n’a pas pu retrouver une stabilité dans la région, malgré le déploiement d’un grand nombre de militaires, paramilitaires et de police (jusqu’à 40 000 troupes déployées par l’Etat Indien et les autorités au Manipur). Malgré tous ses efforts, l’Etat Indien a vu comment ses politiques anti-populaires ont déclenché une révolte paysanne, et cela a démontré d’une façon explicite la faiblesse du capitalisme bureaucratique, et de l’Etat semi-colonial et semi-feudal lui-même, qui est submergé par une révolte dans un état périphérique. Cela a accentué de multiples contradictions au sein de la classe capitaliste bureaucratique indienne et au sein de ses partis représentantes, comme le BJP.

Ces derniers mois, la lutte des masses a montré qu’elle avait un grand potentiel. Les blocus de routes se sont montrées efficaces et ont provoqué une grande crise de l’approvisionnement. Il y a eu de multiples actions menées contre des représentants de l’Etat Indien et du BJP, et les couvre-feux ont constamment été contestés par des manifestations spontanées. Il y a même eu des convois militaires qui ont été bloquées par les masses rurales.

Les médias de masse explique cette lutte comme un simple conflit tribal ou religieux, et l’Etat affirme que la situation retourne à la normale, que les émeutes étaient causées par des fauteurs de trouble. Mais tout cela sert à masquer la réalité que la clé de ces événements est la lutte pour la terre, la contradiction entre la paysannerie d’un côté et la classe capitaliste bureaucratique et les grands propriétaires de l’autre. Les paysan.nes luttent et résistent aux attaques de l’Etat Indien et des classes dominantes, se confrontent directement à eux.


Manipur Revolts – 8 Mai, 2023

Le 3 Mai, un nouveau stage de révolte a débuté au Manipur, après l’annonce que le groupe tribal Meitei serait reconnu comme tribu répertoriée en Inde. Les Meitei composent la majorité de la population dans l’état du Manipur. L’Etat Indien catégorise la population selon des groupes tribaux, et donc établit des limites dans l’accès aux emplois, l’achat et la vente de biens, et le fait de posséder une entreprise. Le point crucial du conflit au Manipur est cependant l’expulsion des paysan.nes de leurs propres terres afin de concentrer celles-ci dans les mains de quelques grands propriétaires et de grosses entreperises minières. D’un autre côté, les médias locaux affirment souvent que le problème principal est entre des groupes tribaux ou des religions. Le fait est que les patrons locaux qui s’identifient au groupe tribal Meitei auront des privilèges éconoliques et, par exemple, auront la possibilité de facilement obtenir des terres de la paysannerie qui est répertoriée comme Kuki ou Naga, quelque chose qui était autrefois interdit.

Alors, le 3 Mai, il y a eu une grande moblisation au Manipur. Cette manifestation était appelée par une organisation étudiante, All Tribal Students Union of Manipur [ATSUM] (le syndicat de tous les étudiants tribaux du Manipur)Au delà, Indigenous Tribal Leaders Forum [ITLF] (le forum des leaders tribaux indigènes) a aussi appelé au bandh [sorte de manifestation similaire à la grève générale] pour s’assurer qu’un nombre important serait présent à la manifesation. L’ITLF est une organisation qui regroupe toustes les représentant.es des tribus minoritaires du Manipur, et de même pour l’ATSUM avec les étudiant.es de ces tribus.

La police et l’armée furent dépassés et ont établi un couvre-feu le 4 Avril, suspendant l’accès à Internet et déployant un nombre bien plus importants de troupes, police anti-émeute, etc. A partir de ce moment, l’Etat Indien a donné un ordre clair à ses troupes répressives : tirer à vue quand ils repèrent un.e manifestant.e. C’est fortement lié à la militarisation des rues du Manipur. Le nombre mis à jour de troupes dans la région est de : “Quasiment 10,000 soldats de l’Armée et des Assam Rifles [une force paramilitaire contrôlée par le gouvernement central, dont la tâche est la contre-insurrection et le contrôle des frontières au nord-est de l’Inde] ont été déployés dans l’état.”. D’un autre côté, l’Armée Indienne répète depuis des jours que la situation au Manipur est sous-contrôle.

Les révoltes ont explosé cette semaine, mais le conflit s’intensifiait depuis un moment. Depuis Mars, il y a eu plusieurs affrontement dans la région, menés par des organisations indigènes. L’ITLF a aussi appelé à un bandh le vendredi 24 Avril, et déclara que “illes continueraient la non-coopération contre le gouvernement jusqu’à ce que celui-ci nullifie le décret gouvernmental de 1966 qui a déclaré les zones tribales comme des forêts protégées et des réserves”. Ce décret gouvernemental permet l’expulsion des paysan.nes de nombreuses zones déclarées comme protégées, ce qui fut demandé par les grandes entreprises minières et les grands propriétaires, puis plus tard utilisé pour prendre ces terres.

Au 8 Mai, il y aurait un retour à la normale à Imphal (la capitale du Manipur). Les nombres officiels font état de 30 personnes tuées. Cependant, les médias locaux font plutôt état de 55 personnes tuées à ce jour.


India: the struggle continues in Manipur – 15 Mai, 2023

Le conflit continue au Manipur, avec maintenant même des affrontements à l’arme à feu. Après l’état d’urgence, les couvre-feux et la militarisation de l’état fédéral du Manipur, les Forces Armées Indiennes ont affirmé que la situation était sous contrôle le vendredi 5 Mai.

Mais, après cette déclaration, la population du Manipur a continué sa lutte contre l’Etat Indien, contre sa police, ses troupes et ses paramilitaires – tels que les Assam Rifles.

Mercredi 10 Mai, des personnes non-identifiées ont ouvert le feu contre des membres d’Assam Rifles, blessant un soldat. Le jeudi 11 Mai, un autre événement plus sérieux arriva : un policier du Manipur fut tué, et deux autres blessés, dans une fusillade, dans le district de Bishnupur, au Sud du Manipur. Les faits se sont déroulés ainsi : “D’après les sources, les commandos étaient présents dès 8h30 Jeudi, pour suivre des informations reçues sur le mouvement d’insurgéEs dans cette zone. Il n’a pas encore été confirmé quel groupe est derrière l’incident, mais les sources racontent que le policier commando est mort de blessures causées par une balle d’AK-47. ” Sur le même événement, le Conseiller en Sécurité de l’état du Manipur a informé vendredi 12 Mai que le nombre de policiers commandos blessés était de six.

Un média local informe d’un blocage sur les routes qui ont arrêté un gros convoi : “Pendant ce temps, environ 180 camions chargés de marchandise en direction d’Imphal ont été forcés de retourné du district de Kangpokpi au district de Senapati après un grand nombre de personnes ont bloqué le tronçon à Kangpokpi de l’autoroute nationale 2. Kangpoki, à environ 43 km de la capitale Imphal, est un district à majorité Kuki. Les manifestant.es en colère dans la ville de Kangpokpi ont aussi incendié une voiture le long de l’autoroute d’après des sources officiels. Après le blocage routier, le convoi de camions s’est retiré vers le district Senapati (à majorité Naga).”

D’autres événements ont eu lieu vendredi : un soldat d’Assam Riffles a été blessé lorsqu’il tentait d’activer un engin explosif dans le village de Saiton, district Bishnupur. Pendant ce temps, les Forces Armées Indiennes ont annoncé le déploiement de drônes et d’hélicoptères pour gagner un plus grand contrôle de la région.

Malgré tous ces faites, le Conseiller à la Sécurité du Manipur, Kuldeep Singh, a déclaré que le nombre de morts au Manipur était désormais de 71 personnes, mais que la situation s’améliorerait énormément après le couvre-feu et l’intervention de l’Etat.


India: situation in Manipur overwhelmed the government – 22 Mai, 2023

Le conflit continue au Manipur trois semaines après le début de la révolte ayant suivi la manifestation étudiante du 3 Mai. Le mercredi 17 Mai, les sources officielles de la police déclaraient que la situation s’était améliorée. Cependant, le même jour on apprenait la mort d’un jawan [policier] blessé dans une précédente embuscade, avec un nombre de morts officiel étant désormais de 74 personnes tuées. Dans nos précédents articles, nous avons déjà écrit sur cette embuscade et des déclarations de la police et de l’armée comme quoi la situation serait sous contrôle depuis la première semaine de la révolte.

Le jeudi 18 Mai, d’après les médias locaux, une patrouille de l’armée a trouvé une grande quantité d’exlosifs dans l’une de leurs expéditions dans des zones plus délicates de l’état fédéral du Manipur. Les médias locaux décrivent : “ 3 kilogrammes de TNT, 15 détonateurs électriques, 4 circuits, et des contrôlleurs à distance d’explosion ont aussi été trouvées”. A part ceux-là, d’après des sources au Manipur, plus de 1000 armes et 10 000 balles ont été pillées dans différentes bases policières et militaires. Le gouvernement aurait retrouvé moins de la moitié de ces armes.

D’un autre côté, la situation devient critique pour l’import de certains matériaux au Manipur, à cause des blocus routiers sur les autoroutes débutés il y a quelques semaines, sur la NH37, qui est très importante pour le transport dans l’état fédéral. Ces blocus sont toujours actives et inquiètent les autorités de l’Etat Indien et de l’état fédéral du Manipur. L’Etat essaie de coordoner ses forces de police, paramilitaires et militaires pour casser ce blocus, établissant une surveillance des convois qui se rendent au Manipur. Quant aux effects de ces blocus sur les biens essentiels, les médias locaux expliquent que “l’état des stocks de biens essentiel a commencé à diminuer et à atteindre des niveaux critiques”.

Après cela, l’Etat Indien a lancé un nouveau plan d’action au Manipur : “L’armée a fait la liste d’un plan en 4 points pour assurer la paix au Manipur. Cela inclue la domination de jour et de nuit, la surveillance sur des endroits désignés, l’engagement avec les organisations de la société civile de toutes les communautés du Manipur, et le déploiement de quads, chiens de pistages et drônes”. Au delà des mesures militaires, la coupure d’accès à Internet a été prolongée deux fois : la première du 17 au 22 Mai. Le Ministère de l’Intérieur de l’Etat a indiqué que la première extension de la coupure était nécessaire “à cause d’informations faisant état d’incidents répétés de bagarres entre les volontaires et la jeunesse des communautés majoritaires résidant dans l’état’’. La second extension a été prolongée du 22 Mai au 26 Mai. Elle a été justifiée par “le rapports d’incidents d’incendies volontaires et d’attaques”.

Avec ces mesures, le gouvernement essaie de résoudre la situation au Manipur, et des sources officielles déclarent “Notre objectif actuel est de faire en sorte que la situation soit telle qu’il n’y ait aucun rapport d’incidents ou aucune rumeur en général”. Le gouvernement de l’Etat Indien n’est pas le seul à renforcer sa présence et surveillance au Manipur. La bourgeoisie bureaucratique du groupe Meitei a aussi demandé, le 20 Mai, une internvention immediate dans le conflit au Manipur du Premier Ministre, Narendra Modi, avec “l’utilisation de tous les moyens et ressources à sa disposition”.


India: Increase of the resistance, the State perpetrates a massacre in Manipur – 29 Mai, 2023

Mercredi 24 Mai, de nouveaux affrontements ont eu lieu au Manipur, et les autorités ont décidé de remettre toutes les mesures de couvre-feu dans les districts de Imphal Est, Imphal Ouest et Bishnupur. Le même jour, on compte un mort, deux blessés et la présence de groupes armées dans plusieurs villages du district du Bishnupur. On signale aussi de nouvelles maisons incendiées. Pendant ce temps, le gouvernement central de l’Etat Indien déclare que la situation “retourne à la normale”. Malgré cela, pendant la semaine, les médias locaux ont rapportés de nouveaux cas de fusillades, l’Etat Indien a donc augmenté le déploiement de police, militaires et paramilitaires dans au moins 38 endroits de l’état fédéral du Manipur. En même temps, les autorités du Manipur continuent à répéter que le nombre de personnes tuées serait de 60. Mais d’autres sources, hôpitaux et médias, comptent au moins 74 personnes tuées au 17 Mai.

Des associations de journalistes dénoncent que les troupes de l’Etat Indien essaient de faire taire celleux qui écrivent sur les émeutes au Manipur. Par exemple, le 22 Mai, des soldats ont tabassé trois journalistes, Soram Inaoba, Nongthombam Johson et Brahmacharimayum Dayananda, qui voulaient écrire sur un nouvel incendie volontaire dans l’état fédéral. Ces actions répressives de l’Etat ne sont pas des faits isolées : les médias locaux racontent que le 25 Mai, trois paramilitaires de la Rapid Action Force [RAF] ont incendié un boucher à Imphal, capitale du Manipur.

Malgré la répression grandissante au Manipur, la population continue de manifester contre les actions du gouvernement de l’état fédéral du Manipur et de l’Etat Indien. Le mercredi 24 Mai, des manifestant.es ont attaqué la maison de Ministre de la Jeunesse et du Sport de l’état fédéral du Manipur, Konthoujam Govindas. Les médias locaux racontent : “Cependant, le ministre et sa famille n’étaient pas présents dans la maison quand environ 100 personnes agitées, majoritairement des femmes, ont saccagé la maison dans la zone Ningthoukhong Bazar du district Bishnupur, et ont endommagé la porte, les fenêtres, quelques meubles, des gadgets électroniques et les véhicules garés à la résidence”.

Une autre action du genre fut tentée le vendredi 26 contre la maison du Ministre des Affaires Extérieures et de l’Education de l’état fédéral du Manipur, Rajkumar Ranjan Singh, dans la cpaitale, Imphal. Des milliers de personnes ont ignoré le couvre-feu et se sont réunies devant la maison du ministre pour manifester contre la mauvaise situation au Manipur. Après ces incidents, le ministre s’est enfui du Manipur et s’est rendu à New Delhi.

Quant au contrôle sur les autoroutes, le 15 Mai, l’Etat a annoncé avoir repris le contrôle des autoroutes et routes au Manipur. Cependant, cette semaine, il a été rapporté que les blocus routiers sont toujours actifs et qu’il y a une hausse incontrôlée des prix à cause des faibles réserves et de l’absence d’import de celles-ci depuis l’extérieur de l’état fédéral. Certains produits essentiels coûtent le double de leur prix d’avant le début du conflit.

L’Etat Indien mène une répression brutale contre tous ces problèmes : depuis le samedi 27 Mai, il a lancé des opérations militaires destinées à “contrôler les violences sporadiques”. Ces opérations ont eu pour résultat un grand massacre d’activistes de la région : les médias rapportent qu’environ 33 personnes ont été assassinées par l’armée et les paramilitaires. Des sources locales ajoutent : “Des sources affirment que le nombre de victimes pourrait être bien plus élevées, alors que l’opération de ratissage était toujours en cours, en particulier dans les districts dans les collines, comme Kangpokpi, Churachandpur et Bishnupur, habités majoritairement par les Kukis”.


India: more clashes in Manipur – 8 Juin, 2023

Les luttes à Manipur sont aussi intenses que les semaines précédentes. Le bilan des affrontements a atteint 98 morts et 310 blessés vendredi 2 juin. Samedi 3 juin, Kuldiep Singh, conseiller en sécurité du gouvernement de l’état fédéral de Manipur, a déclaré que “la paix revient dans l’état et la normalité est en cours de rétablissement. Il n’y a pas eu de tir ni d’incendie criminel au Manipur au cours des dernières 24 heures.” Cependant, le lendemain, des militantEs appartenant à des groupes armés luttant contre l’État, ont incendié une centaine de maisons, y compris la maison d’un membre du congrès fédéral du Manipur. Le même jour, le ministre de l’Intérieur, Amit Shah, a insisté pour exiger que les groupes qui bloquent l’autoroute NH2 mettent fin au blocus. La route est très importante pour les communications entre l’État indien et le Manipur.

Trois fusillades ont été signalées au Manipur : le 5 juin, il y a eu une fusillade entre des groupes armés de la région de Kangchup, dans le district de Imphal Ouest, faisant trois mort.es et quatre blessé.es. Le 6 juin, il y a eu une attaque contre l’armée et la police de l’État indien, avec un soldat de la BSF tué [Border Security Forces, Forces de Sécurité aux Frontières] et deux membres du groupe paramilitaire des Assam Rifles, blessés. Dans le même temps, il y a eu une autre fusillade, mais cette fois sans perte pour aucun des parties. Pendant ce temps, le gouvernement a décidé de prolonger la coupure d’accès à Internet jusqu’au 10 juin. La coupure est en cours depuis le 4 mai et a été prolongée plusieurs fois.


India: New Casualties of the Indian State in Manipur – 23 Juin, 2023

Il y a aussi des rapports sur de nombreuses actions et de nouvelles victimes de l’État Indien au Manipur. Au Manipur, il y a eu plusieurs fusillades simultanées le 20 Juin, avec des armes automatiques. Après ces fusillades, d’autres incendies criminels et plusieurs incidents au cours de la semaine, la coupure d’Internet a été prolongée jusqu’au 25 Juin. La coupure est en cours depuis le 4 Mai et a été prolongée plusieurs fois.

Dans l’après-midi du mercredi 21 Juin, il y a eu une explosion d’un engin piégé dans le district de Bishnupur, avec deux policiers blessés. Il y a eu une autre action au petit matin du jeudi 22 Juin : il y a eu une fusillade dans le district d’Imphal Ouest, et deux autres policiers ont été blessés. Cette action contre la police, a été menée avec un fusil et une mitrailleuse INSAS, des armes indiennes pillées dans les semaines précédentes. Puis, le 22 Juin, il y aurait eu des marches et des tirs de groupes armés dans les districts d’Imphal Est et de Kangpokpi. L’armée indienne a été mobilisée et envoyée dans ces endroits.


Manipur: Struggle of the People against Indian State keeps intensifying – 27 Juillet, 2023

La lutte continue au Manipur. Ces dernières semaines, les habitant.es du Manipur ont intensifié le nombre d’actions et, en particulier, leur intensité. Il y a des actions des masses dans beaucoup de districts différents, ce qui montre que ce n’est pas un problème de régions isolées du Manipur mais bien une intensification générale de la lutte dans l’état entier.

Lundi 17 Juillet, dans le district d’Imphal Ouest, une foule de manifestant.es a attaqué le convoi de l’Inspecteur Général de la Police, mettant le feu à sa voiture. La police anti-émeute a du intervenir pour disperser les manifestant.es avec du gaz lacrymogène. Après les premières enquêtes, des dizaines de “personnes supposément impliquées” dans l’incident ont été arrêtées. Suite à ces arrestations, des centaines de femmes manifestantes ont pris la rue le samedi 22 Juillet et ont bloqué une autoroute avec des barricades de pneus enflammées dans le même district, demandant que toutes les personnes arrêtées soient relâchées.

Le jeudi 20 Juillet, une vidéo montrant plusieurs femmes des Collines se faire harceler est apparue sur les réseaux sociaux et est devenue virale. Plus tard, il fut révélée que l’une des femmes avait aussi été violée. Cette vidéo a été enregistrée en Mai, après le début de la rébellion au Manipur. Après que le crime soit rendu public, la colère des masses est devenue hors de contrôle. L’Etat Indien et l’état du Manipur ont appelé au calme et ont promis des mesures immédiates, et la police a enquêté sur plusieurs personnes accusées. Mais, il est clair que les gens, et encore moins les femmes, ne font plus du tout confiance à l’Etat, elles ont alors décidé de se faire justice elles-mêmes. Un jour avant la publication de la vidéo, un large groupe de femmes manifestantes a incendié la maison de l’un des violeurs. Le jour suivant, lorsqu’il a été découvert qu’un autre violeur était libre, un autre groupe de femmes manifestantes ont attaqué sa maison et y ont mis le feu.

La nuit du samedi 22 Juillet au 23 Juillet, il y a eu un affrontement féroce à Torbung, dans le district de Bishnupur. La bataille a impliqué d’un côté des guerillas rebelles, et de l’autre côté différents corps de l’Etat Indien. Plus précisément, l’Etat Indien a envoyé de nombreux renforts : les Assam Rifles (troupes paramilitaires du Ministère de l’Intérieur), la police de l’Etat, les forces de sécurités frontalières (BSF) et les troupes de base de l’Armée Indienne. Les guerillas ont utilisé de nombreuses armes différentes contre les forces répressives et ont même détruit un blindé renforcé des Assam Riffles. Les guerillas ont utilisé des explosifs, des mortiers, des RPGs, des fusils à pompe, etc.

Entre le 25 et le 26 Juillet, il y a eu de nouveaux incidents dans plusieurs districts. Le mardi 25 Juillet, les masses de Manipur ont de nouveau attaqué l’Etat Indien, incendiant des bus utilisés par les BSF pour transporter des troupes dans le district de Kangkokpi. Le mercredi 26, des émeutes ont eu lieu, les masses ayant incendié des maisons et magasins abandonnés dans la ville de Moreh, district de Tengnoupal, puis ont engagé une bataille à l’arme à feu avec des soldats des Assam Rifles.
Au fur et à mesure que la situation se développe au Manipur, elle devient de plus en plus incontrollable pour l’Etat Indien. En dépit de l’énorme quantité de troupes déployées et de ressources utilisées, celui-ci est incapable d’empêcher les attaques du peuple. Il est clair que les masses ont décidé d’appliquer leur propre justice, mais aussi d’attaquer directement l’Etat et ses forces.

Fresh clashes erupt in Manipur, four injured – 28 Juillet, 2023

Même si les faits de violence ont diminué les semaines passées, des personnes appartenant à des groupes tribaux comme à des groupes non-tribaux continuent d’être en possession d’un grand stock d’armes et de munitions qui ont été pillées dans des armureries policières. Lors des violences, des foules de différents districts se sont introduites dans des armureries de la police et d’autres unités militaires à deux reprises – la première durant la première semaine de violences et la seconde les 27-28 Mai – et ont pillé 3 500 armes et 500 000 munitions. Actuellement ,les forces de police et de sécurité n’ont recupéré qu’environ 1 200 armes et 13 000 munitions.


Manipur violence: Total curfew imposed in Imphal West, Imphal East and Bishnupur district – 3 Août, 2023

Des violences ont eu lié dans le district Bishnupur du Manipur et aussi dans la ville d’Imphal le 3 Août. D’après des sources, des manifestant.es se sont réuni.es devant le second Manipur Rifles (MR) situé à Imphal pour supposément piller des armes. De plus, des sources ont aussi ajouté qu’environ 300 armes et munitions ont été supposément pillées du second IRB [une force armée spéciale d’un état] stationné à Naransena, district de Bishnupur. Cependant, les personnels de sécurité ont interrompu la tentative des manifestant.es en utilisant du gaz lacrymogène et des grenades fumigènes. Plusieurs femmes manifestantes ont été blessées en manifestant dans la région.

Manipur: The Indian State is still Unable to Control the Masses – 7 Août, 2023

La semaine passée, l’État Indien a fait face à de sérieux problèmes au Manipur. L’État affirme depuis longtemps que la situation est sous contrôle, mais il y a constamment des rapports de nouveaux affrontements armés et de manifestations des masses.

Samedi 5 Août, trois personnes ont été tuées dans le district de Bishnupur. Après le meurtre, il y a eu une grande manifestation de femmes manifestantes demandant la fin des violences. Après l’assassinat, il a été signalé que des paramilitaires, des membres de milices pro-gouvernementales et des troupes d’État étaient portés disparus. Le même jour, à Imphal Ouest, deux policiers ont été tués, plusieurs postes de contrôle des forces répressives ont été attaqués et les stocks d’armes et de munitions du gouvernement ont été pillés. Le gouvernement du Manipur et l’État Indien ont réagi par une large répression, attaquant avec la police anti-émeutes et tirant des gaz lacrymogènes contre les funérailles pacifiques de plusieurs paysan.nes Kuki. Plus de 25 personnes ont été blessées dans cette attaque.

Toujours le samedi 5 Août, après les attaques à Bishnupur et à Imphal Ouest, il y a eu un grand affrontement à Bishnupur entre des groupes armés de mortiers, de grenades et de diverses armes à feu. Dans les affrontements, un total de six personnes ont été tuées et 16 blessées. Il a été rapporté que les forces armées ont abandonné plusieurs casernes près de cet endroit, et qu’il y avait davantage de patrouilles et de fusillades menées par des groupes armés dans d’autres districts du Manipur.

Il y a également eu beaucoup de manifestations à plusieurs endroits du Manipur ce week-end : le samedi 5 Août, une grève générale a été déclenchée dans la vallée d’Imphal, provoquant la fermeture de la grande majorité des établissements, magasins et entreprises ; des blocages de routes et de chemins ont également été signalés dans la région par celleux qui ont soutenu la grève, avec des pneus enflammés et d’autres formes de blocus. D’autre part, le dimanche 6 Août, une foule de manifestant.es a brûlé 15 maisons et tiré sur une personne, la fouel a plus tard été dispersée par la police anti-émeute. Cela montre aussi ce que l’État Indien peut faire aujourd’hui au Manipur : il peut réagir d’une manière ou d’une autre aux événements, mais il ne peut pas empêcher l’action des masses, ni résoudre les problèmes et établir l’ordre.

Face à cette totale perte de contrôle, l’État Indien a décidé d’agir de la seule manière qu’il connaisse : en intensifiant ses efforts répressifs. Il a décidé d’envoyer encore plus de troupes au Manipur, un total de dix autres compagnies de troupes frontalières, paramilitaires et de police. Les autorités du Manipur maintiennent le couvre-feu à Imphal Est et à Imphal Ouest, après avoir prévu une possible réduction des mesures de sécurité dans ces zones.

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